La filature Bonamy-Wibaux — carte postale ancienne (Flers-Breucq). Source : ateliers-memoire.com
Avant d'accueillir les bureaux et les open spaces d'ecoWork, le 202 rue Jean-Jaurès à Villeneuve-d'Ascq a vécu une tout autre vie : celle d'une filature de laine cardée . Derrière les murs où l'on travaille aujourd'hui résonnaient autrefois les machines à carder et à retordre la laine. Voici l'histoire de ce lieu.
Une filature familiale
Le site abritait les Établissements Bonami-Wibaux, une filature de laine cardée fondée par la famille Wibaux sous la forme d'une SARL. Chacun des membres de la famille en détenait une part : l'entreprise était une affaire profondément familiale, ancrée dans la tradition textile du Nord.
1957 : les Établissements Bonami, Wibaux & Cie
En janvier 1957, la société change de statut pour devenir une société en commandite simple, placée sous la direction de Maurice Wibaux. Elle prend alors le nom d'Établissements Bonami, Wibaux & Cie — l'enseigne sous laquelle la filature poursuivra son activité durant deux décennies.
Le travail de la laine
Spécialisés dans la filature de laine cardée, les salariés se répartissaient entre les grandes étapes du métier : le lavage, la carderie, l'effilochage et la retorderie. Autant de savoir-faire qui transformaient la laine brute en fil, au cœur d'un bassin industriel alors en pleine activité.
La fermeture, en 1977
Comme beaucoup d'entreprises textiles de la région, la filature n'échappe pas aux difficultés économiques et financières des années 1970. En 1977, les Établissements Bonami-Wibaux annoncent leur fermeture, mettant un terme à l'aventure industrielle du lieu.
Une mémoire préservée
L'histoire de l'entreprise n'a pas disparu pour autant. Fin 2009, Maurice Wibaux, ancien directeur, fait don des archives de la filature aux Archives nationales du monde du travail, à Roubaix. Ce fonds — couvrant la période 1900-1981 — documente la fondation de l'affaire, son administration, son patrimoine, sa comptabilité et, surtout, son personnel : une trace précieuse de celles et ceux qui ont fait vivre ces murs.
D'une filature à ecoWork
Aujourd'hui, le 202 rue Jean-Jaurès entame un nouveau chapitre. Plutôt que de raser ce patrimoine industriel, le lieu a été réhabilité pour devenir un espace de coworking. Les volumes généreux des anciens ateliers, pensés pour les machines, offrent désormais de la lumière et de l'espace à celles et ceux qui y travaillent. Une seconde vie, fidèle à l'esprit d'ecoWork : réemployer plutôt que démolir, et faire d'un héritage du passé un lieu tourné vers l'avenir.